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Ouest-France

Fin de vie : « Le pire moment de mon existence », il y a 35 ans, Gwen a aidé son mari malade à mourir ⤵️

Le débat sur la fin de vie s’enlise à nouveau. Mardi 12 mai, au terme de débats chaotiques, les sénateurs ont rejeté un texte, préalablement adopté par les députés, qui prévoyait la création d’une procédure encadrée d’aide à mourir, accessible à certains malades atteints d’une affection grave et incurable. Certains élus opposés au projet de loi, dont Bruno Retailleau, ont appelé à la tenue d’un référendum pour faire aboutir ce sujet de société majeur.

Ces discussions et revirements autour de l’aide à mourir plongent Gwen (prénom d’emprunt), 75 ans, dans une certaine colère. En avril 1991, cette mère de famille a aidé son époux, atteint d’une maladie incurable, à mourir. Une décision issue d’une promesse, prise à deux et dans la clandestinité, dont elle porte encore les traces.

💬 « Lors d’un bilan, nous avons appris qu’il avait un cancer du foie bien avancé, métastasé. Il n’a jamais voulu être hospitalisé », se souvient Gwen, d’une voix posée.

Son époux, médecin, sait mieux que quiconque ce que le cancer peut faire au corps. Il reste « tout le temps de sa maladie à la maison ». De longs mois, « sept ou huit », au cours desquels ce couple soudé décide de planifier comment la mort les séparera. « Nous avions un pacte, nous nous étions toujours dit que nous aiderions l’autre à mourir, si l’un d’entre nous avait des problèmes cognitifs ou des dégradations importantes », explique Gwen.

Rapidement, l’état de son mari se détériore. Ce dernier ne supporte pas de voir son corps lui échapper.

💬 « Il avait des métastases au cerveau. Cette déchéance physique lui était insupportable », se remémore-t-elle.

Gwen et son mari décident alors, ensemble, du jour où ils laisseront la mort s’inviter chez eux.

💬 « Nous n’avons même pas eu l’idée de demander à quelqu’un d’autre, c’était évident que c’était entre lui et moi », retrace la septuagénaire.

Elle est, depuis, devenue adhérente de l’association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) et du collectif Ultime liberté.

Le couple planifie tout, sans en parler à personne, en se sachant dans l’illégalité totale.

💬 « Nous avons invité à la maison tous les copains et la famille. Tous les gens qu’il connaissait, se remémore Gwen. Au fur et à mesure, ils venaient prendre l’apéro, dîner. Et puis, une fois qu’il a vu tout le monde, nous avons décidé de passer à l’acte. »

Un mardi, à midi. La Bretonne revoit cet après-midi par fragments : le lit, les pleurs, les allers-retours pour vérifier si son mari respire encore. Trente-cinq ans plus tard, elle parle encore « du pire moment » de son existence. Même si elle dit aussi y voir de « l’extraordinaire », reconnaissante d’avoir vécu « cette dernière intimité » avec son époux.

Ce jour-là, les deux adolescents du couple sont à l’école. Gwen a pris soin de décommander la femme de ménage. Et c’est une amie, anesthésiste, qui leur a procuré les trois produits létaux, destinés à abréger la vie de son mari.

💬 « J’étais avec lui dans le lit. Nous pleurions. C’est là que je me suis aperçue que si c’est difficile de perdre quelqu’un, cela doit être tout aussi difficile de quitter les autres », confie la septuagénaire.

Au fil des heures, Gwen tend l’oreille pour savoir si son mari respire encore.

💬 « J’avais très peur qu’il se réveille. »

Et puis, elle constate que son cœur s’est arrêté. Leur amie anesthésiste vient constater son décès, avant l’arrivée de la police. Avant d’ouvrir la porte, Gwen dissimule les preuves.

💬 « J’avais peur qu’on me dise que je l’avais tué. »

Les mois suivants sont difficiles pour la mère de famille. Incapable de manger, elle perd 7 kg, plombée par le deuil, mais surtout rongée par « la culpabilité » d’avoir aidé son époux à mourir.

💬 « C’est ça qui m’a fait le plus de mal, j’ai fait des cauchemars horribles, pendant des années, relate Gwen. Je me disais qu’il aurait peut-être pu tenir encore 15 jours, trois semaines, ou un mois. Il n’avait pas complètement perdu la tête.

Et puis, au fil des années, ce sentiment l’a progressivement quittée, notamment grâce à de longues discussions avec ses enfants et un suivi en psychothérapie, entamé avant le décès de son mari.

💬 « Je me suis dit que j’avais fait ce qu’il fallait et ils sont tout à fait d’accord avec moi. »

Aujourd’hui Gwen, atteinte d’une maladie auto-immune, voudrait avoir le choix, si son état de santé venait à se dégrader.

💬 « S’il le faut, j’irai en Suisse, ou en Belgique, pour qu’on me donne la mort. »

Surtout, la septuagénaire, encore marquée par ces années à se battre avec sa culpabilité, veut éviter d’impliquer ses proches.

💬 « Si c’était à refaire, j’aurais demandé à une tierce personne. C’est trop dur de faire ça à quelqu’un dont on est très proche », lâche-t-elle. « Mes enfants m’ont dit qu’ils feraient pour moi, ce que j’ai fait pour mon mari. Mais je leur ai répondu : “Ne faites surtout pas ça… ” »

© Auteur de l’article: Iris Péron

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1 week ago (edited) | [YT] | 349

Ouest-France

« Lui retrouve la liberté. Moi, je vais vivre comme en prison » : l’homme qui l’a violée revient vivre près de chez elle ⤵️

Karine Brunet-Jambu a été violée pendant trois années, par un ami de ses parents, hébergé sous le toit familial, près de Rennes (Ille-et-Vilaine). Elle avait 5 ans quand le calvaire a commencé. Jugé en état de récidive légale, en 2018, son violeur a été condamné à trente années de réclusion criminelle, par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine.

Karine Brunet-Jambu, aujourd’hui âgée de 28 ans, a appris mercredi 29 avril, par un courrier d’une juge d’application des peines, que l’homme va sortir de détention, le 12 mai 2026. Et qu’il va vivre à Rennes, ville où elle habite.

💬 « J’ai reçu le courrier de la Justice par mail. J’étais dans ma voiture, je sortais du travail. Je suis restée sans voix. C’est affreux.

Celui qui m’a violée est laissé libre. Il a été condamné à trente ans de réclusion criminelle, en 2018. Il sort au bout de huit années seulement après le procès.

Il a violé plusieurs fois, plusieurs enfants. Il a été condamné trois fois, depuis 1997. Mais il a bénéficié d’une confusion de peines.

Et j’apprends, dans le même courrier, qu’il va vivre à Rennes, la ville où j’habite. Et où je me suis reconstruite, grâce au soutien de mes proches notamment. C’est horrible.

Je savais qu’il avait demandé un aménagement de peine. J’avais été convoquée, au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) d’Ille-et-Vilaine, en janvier dernier.

Des questions m’avaient été posées, sur ma reconstruction depuis les viols, le procès et la condamnation, en 2018. Et puis la possibilité qu’il vienne vivre à Rennes, où réside un membre de sa famille, a été évoquée. Là, je m’étais effondrée. Je pensais depuis que ça ne se ferait pas comme ça…

Dans ma tête, tout se bouscule. C’est une torture. Je fais quoi, moi ? C’est à moi de déménager, pour éviter de le rencontrer ? Pour que lui puisse vivre, alors qu’il a bousillé une grande partie de ma vie…

Certes, il a une interdiction d’entrer en contact avec moi. Mais qui dit que je ne vais pas le croiser ? Psychologiquement, je ne peux pas le concevoir. Quelle sera ma réaction si cela arrive ? Et si je suis avec mon enfant ?

Il m’a violée de nombreuses fois, pendant trois années. Cela restera douloureux, toute ma vie. Mais j’avais parcouru le chemin pour avancer, en mettant ces années-là derrière, le plus possible. En recevant le courrier qui m’informe de sa remise en liberté, tout remonte à la surface. J’ai l’impression d’être moins que rien. De ne pas mériter le respect.

Il retrouve la liberté dans quinze jours. Et moi, avec cette décision, je vais vivre comme en prison. Ce sera à moi de faire attention…»

© Auteur de l’article: Angélique Cléret

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2 weeks ago | [YT] | 74

Ouest-France

Hantavirus sur un bateau de croisière : « Le moral est bon », confie un passager à bord ⤵️

Les yeux du monde entier sont tournés sur le MV Hondius. L’imposant navire de croisière, immobilisé depuis plusieurs jours au large du Cap-Vert, cherche toujours un port où accoster. À bord, quelque 150 passagers plongés dans l’incertitude depuis qu’un foyer d’hantavirus a été détecté, et que trois personnes sont mortes parmi les passagers. Ouest-France a pu joindre un passager à bord, qui souhaite préserver son anonymat.

💬 « La situation à bord reste très calme », assure cet homme, qui s’est lancé dans un long tour du monde il y a quelques années.

Il fait partie de ceux qui ont embarqué à bord du MV Hondius à Ushuaia, en Argentine. Un voyage luxueux sur l’Atlantique censé durer 35 jours, pour rejoindre le Cap-Vert. Mais depuis dimanche, le bateau de croisière mouille près du port de Praia, la capitale capverdienne sans pouvoir accoster. En cause : la mort de trois personnes, probablement contaminées par un hantavirus.

💬 « Chacun prend la situation très au sérieux, mais sans pour autant paniquer », rapporte le passager.

💬 « L’équipage et le capitaine nous tiennent informés dès qu’ils ont de nouvelles informations », indique-t-il.

À bord, les consignes sont à la prudence.

💬 « On doit respecter la distanciation sociale et porter un masque par mesure de sécurité. Nous ne sommes pas obligés de faire quoi que ce soit, mais nous essayons de suivre les recommandations, comme limiter les contacts rapprochés avec les autres passagers et nous désinfecter les mains aussi souvent que possible », poursuit-il.

Alors que le bateau de croisière néerlandais est bloqué depuis dimanche, les passagers prennent leur mal en patience.

💬 « En attendant, nos journées se déroulent presque normalement », explique-t-il.

💬 « Le moral est bon à bord. On s’occupe en lisant, en regardant des films, en buvant des boissons chaudes… »

L’homme tient à adresser ses condoléances aux familles des victimes. Mais il estime que l’attention internationale portée sur la situation à bord « est un peu exagérée ».

💬 « La situation reste floue et nous devons attendre d’avoir plus d’informations avant de tirer des conclusions », poursuit-il.

Si notre témoin reste assez serein, d’autres passagers à bord ont fait part de leur inquiétude. Le blogueur de voyage américain Jake Rosmarin a témoigné à bord du bateau de croisière.

💬 « Je suis actuellement à bord du MV Hondius et ce qui se passe en ce moment est très réel pour nous tous », a-t-il raconté, en larmes.

💬 « Nous ne sommes pas qu’une histoire, […] nous sommes des personnes réelles, avec des familles, des vies, avec des proches qui nous attendent à la maison. Il y a beaucoup d’incertitude et c’est le plus difficile. Tout ce que nous voulons maintenant, c’est nous sentir en sécurité, avoir des réponses et rentrer chez nous. »

© Auteur de l’article: Lise Ouangari

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3 weeks ago | [YT] | 30

Ouest-France

« C’est assommant, à force… » : ils habitent ces maisons qui bordent nos quatre voies ⤵️

Alain et Marie-Anne ont un nouveau voisin depuis trois semaines. Il est très grand, gris comme un ciel d’étain. Pas discret. Quatre mètres de haut et de béton. C’est un écran antibruit. Il est juste là, au bout du petit jardin, et fait face au pignon nord de leur maison, comme on ferait front contre front.

« Le mur » - on le nomme ainsi comme à Tijuana - est le nouveau venu du petit hameau La Justice, à Noyal-sur-Vilaine (près de Rennes) dont on aperçoit le clocher au loin, 6 300 habitants autour. Avec le merlon, cette montagne de terre, plus économique, qui trace une continuité entre deux parois acoustiques, ils sont censés abriter ces maisons comme tombées du nid et faire redescendre les décibels de la RN157, 2x2 voies qui relient Rennes à La Gravelle, et dont les niveaux ne rentraient pas, même au chausse-pied, dans le tableau des normes européennes.

💬 « Depuis, ça n’a pas changé grand-chose j’ai l’impression. Le bruit est peut-être un peu plus sourd qu’avant. Les études ont montré que le son ondule. Il passe au-dessus du mur pour retomber quelques mètres plus loin. On n’en attendait pas des miracles non plus, de toute façon. »

Ces derniers mois, donc, ajoutant du bruit au bruit, il y a eu l’édification de cet immense merlon, à grands coups de pelleteuses, il a aussi fallu creuser des fondations pour les piliers du mur, et enfin créer une bande de trois mètres de large entre lui et le jardin pour la maintenance.

💬 « Tout sera réglé cet été » dit Alain, qui attend que le merlon soit rehaussé encore un peu et que la clôture du jardin soit refaite.

💬 « Ce sera un grillage, le même que sur les autoroutes qui servent à empêcher les animaux de passer. »

Il a d’ailleurs fallu le rogner, ce jardin. Près de 800 m2 vendus contre quelques milliers d’euros seulement. On n’est jamais en position de force pour négocier dans pareille situation.

💬 « Ils en voulaient même 70 centimes du mètre carré au début », souligne Alain qui ne s’est pas laissé faire.

Marie-Anne ne sait pas quoi penser de tout ce gris qui bouche l’horizon désormais. Elle n’aime pas.

💬 « Au contraire, il faudrait taguer tout ça ou demander à des étudiants des Beaux-Arts de Rennes de venir et d’imaginer quelque chose pour égayer. »

La maison appartenait à ses parents, bouchers sans boutique fixe, connus pour avoir couru toute leur vie les marchés alentour. La maman de Marie-Anne est morte ici, à cent ans passés.

💬 « Je suis sûre qu’elle trouverait ça moche. Elle râlerait de ne plus voir les voitures. »

💬 « Il faut dire, aussi, qu’il y avait moins de voitures il y a quarante ans ». Le trafic a en effet augmenté de façon exponentielle : il a doublé depuis les années 1980. Et il augmente toujours de 5 à 10 % par an.

💬 « On voit bien depuis quelque temps : quand vous faites le tour de la rocade, c’est bouché tout le temps. C’est incroyable. En fin de journée, les voitures sont cul à cul sur la bande d’arrêt d’urgence pour prendre la bretelle de sortie vers Noyal, juste devant la maison. On ne connaissait pas ça avant. Il y avait de grands arbres. Une station essence. Un fleuriste pas loin, les moutons de ma mère dans le champ, des restos routiers, autant de marqueurs de la Nationale qui reliait Paris à Brest. »

Un jour, Alain et Marie-Anne ont fait estimer la maison. Ce n’est pas qu’ils pensaient partir, c’est qu’ils voulaient savoir, comme ça, par curiosité.

💬 « Maintenant on sait : ça ne vaut rien et c’est invendable. »

Selon les estimations que nous avons demandées à des professionnels,
à peine 200 000 € pour 160 m2 habitables et 6 000 m2 de terrain. Une paille.

💬 « Vous voulez racheter quoi avec ça ? Et où ? »

© Auteur de l’article: Mathieu Coureau
📸 : JUSTIN PICAUD / OUEST-FRANCE
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3 weeks ago | [YT] | 131

Ouest-France

« On n’avait jamais vu ça » : annoncé mort à sa famille après un arrêt cardiaque, il « ressuscite » trois heures plus tard ⤵️

💬 « C’est étonnant que je sois toujours en vie, j’ai eu beaucoup de chance. »

Assis sur son fauteuil, Didier, 62 ans, a le sourire aux lèvres. Il sait qu’au sein de l’établissement de santé, il fait office de miraculé.

💬 « On a jamais vu ça, souffle une infirmière du service de réanimation, encore interloquée. »

Tout commence le 23 avril 2026. Peu avant midi, Didier est transporté au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Rennes (Ille-et-Vilaine) pour effectuer une dialyse. Une habitude qu’il effectue, trois fois par semaine et un impératif pour celui qui est atteint d’un cancer, et doit vivre avec un seul rein depuis plusieurs années.

Mais peu avant la fin de l’intervention, le sexagénaire est victime d’un arrêt cardiaque foudroyant. Pendant quarante minutes, le personnel soignant se relaie pour tenter de le réanimer…

En vain. Décision est finalement prise d’annoncer son décès à ses proches.

💬 « On savait que sa santé était fragile, mais il s’est toujours battu contre ses problèmes de santé », retrace Allisson, sa nièce, encore émue.

Sous le choc, les membres de sa famille avertissent tous ses amis et se préparent à faire route vers la chambre mortuaire. Vers 15 h, c’est le coup de théâtre. Allisson reçoit un appel de l’hôpital.

💬 « On nous a annoncé qu’ils avaient retrouvé un pouls. »

Le sexagénaire est placé en coma artificiel dans le service de réanimation médicale, dans un état toujours critique.

Deux jours plus tard, samedi 25 avril, les médecins décident de le désintuber. À la surprise générale, l’état de Didier s’améliore rapidement. Il se réveille, reprend l’usage de la parole et parvient finalement à bouger ses membres.

💬 « On savait que c’était un battant mais à ce point là… Il nous dit : non, non, je n’étais pas mort, s’amuse sa nièce. Avant de nous préciser : t’inquiète pas, dans quelques jours je vais rentrer. Mon oncle c’est un paquet de nerf ! »

Transféré dans le service des soins intensifs cardiorespiratoires mercredi 29 avril, Didier attend dorénavant de pouvoir regagner son domicile.

💬 « Je vais me faire un petit plaisir, je vais partir en vacances ! », annonce le sexagénaire.

Profitant de sa bonne étoile, il espère bientôt gagner au loto, et promet de partager la moitié de la somme avec les aides soignantes de l’hôpital.

💬 « Personne n’en revenait. Je n’ai toujours pas de réponse à mes questions. On ne sait pas pourquoi il a fait une crise cardiaque et comment ils ont retrouvé un pouls », confie sa nièce, qui espère obtenir des explications de la part du CHU.

Mais alors que s’est-il passé ? Contacté, un spécialiste en réanimation évoque le rarissime syndrome de Lazare.

💬 « Les constantes vitales descendent à des seuils minimaux difficilement perceptibles et laisser penser au décès de la personne. On ne perçoit plus son pouls, ses pupilles ne réagissent plus à la lumière ni aux autres stimuli comme pincer très fort sa peau. »

Seuls 76 cas auraient été rapportés jusqu’à la fin de l’année 2022, selon une étude publiée en 2023.

© Auteur de l’article: Ewen Bazin et Samuel Nohra
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3 weeks ago (edited) | [YT] | 802

Ouest-France

« On a espoir de la retrouver » : après la disparition de Manon Relandeau et son bébé, ses proches témoignent ⤵️

💬 « La dernière fois qu’on l’a vue, c’était le week-end du 21 mars, pour mon anniversaire », pose son beau-père.

💬 « Elle a dansé, elle était rayonnante, tellement heureuse », souffle sa mère, émue.

Car depuis le 27 mars, Manon Relandeau, agricultrice de 31 ans, a disparu sans laisser de trace à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique). Depuis, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Nantes pour meurtre et enlèvement et l’enquête confiée à la section de recherches de Nantes.

Le conjoint de la trentenaire a quitté la France pour l’Algérie avec leur fille de 15 mois.

💬 « C’est une pensionnaire de chevaux qui nous a appelés pour dire qu’elle était inquiète. Elle n’avait pas vu Manon depuis une semaine et avait fait un signalement à la gendarmerie de Sautron », raconte sa maman.

Depuis, ses proches vivent dans l’angoisse.

💬 « On pense encore davantage à une séquestration, on garde espoir de la retrouver. »

Née à Nantes, Manon Relandeau vivait entre la Loire-Atlantique et la Vendée. Elle y a fait ses études, notamment à la maison familiale et rurale de Bournezeau en métier du cheval, avant de se réorienter vers un bac pro électrotechnique et une école d’ingénieur à La Roche-sur-Yon.

💬 « Un jour, elle a eu un accident de voiture, sans gravité. Mais elle s’est dit : on n’a qu’une vie et s’est lancée dans son projet de pension pour cheval », se souvient sa maman.

Installée en avril 2022 à Saint-Etienne-de-Monluc, elle crée son exploitation. Et s’investit dans l’association de la vache nantaise.

💬 « J’ai été fière de la voir devenir agricultrice. C’est un bout de femme qui en voulait », assure sa marraine.

C’est à cette période qu’elle se sépare de son premier conjoint, avec qui elle a passé dix ans, et rencontre le père de sa fille.

💬 « Elle est tombée follement amoureuse de lui, constate sa marraine. »

Très vite, Manon tombe enceinte. Elle est tellement belle en maman. Mais ces derniers mois, la situation avec son conjoint s’était assombrie.

💬 « Elle a pris conscience que son couple ne fonctionnait pas normalement. Il y avait beaucoup de jalousie. Il l’empêchait de parler à des hommes, la coupait de sa famille », illustre sa marraine.

Et sa mère de trancher :

💬 « Elle nous avait demandé de la laisser gérer ça. On n’était pas du genre à s’appeler tous les jours. »

Alors quand la nouvelle de sa disparition est tombée, sa mère et son beau-père se sont immédiatement rendus à la ferme.

💬 « Dans la maison, il n’y avait plus ses affaires. Même sa petite trousse de toilettes à pois blancs qu’elle prenait toujours », se désole sa maman.

Ses proches s’accrochent à l’espoir de la retrouver vivante et de récupérer leur petite-fille.

💬 « Plus les jours passent, plus je me dis qu’elle sera anéantie psychologiquement. Mais on va l’aider dans cette épreuve. Il faut qu’on garde espoir, elle sera fière de nous », se persuade sa mère.

Quand son beau-père, combatif lui aussi, semble usé.

💬 « On a l’impression d’être dans un film. On ne pensait pas vivre ça un jour. »

Mercredi 22 avril, la cellule d’enquête nationale de la gendarmerie a lancé un appel à témoins pour retrouver Manon Relandeau. L’espoir, toujours.

© Auteur de l’article: Sacha Martinez
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1 month ago (edited) | [YT] | 255

Ouest-France

Enquête de « Ouest-France » sur TikTok : posez vos questions, notre journaliste vous répond 👇❓

« Ouest-France » a scruté, via un robot, près de 10 000 vidéos sur la plateforme particulièrement prisée des jeunes. Certaines enfreignent les règles mêmes de TikTok ou tout simplement la loi.

Depuis sa mise en ligne ce week-end, notre enquête vidéo sur les tréfonds de l’algorithme de TikTok n’en finit pas de faire réagir. Et de vous poser des questions. Pour vous répondre, notre journaliste, Emile Benech, sera avec vous ce vendredi 24 avril 2026, à partir de midi.

Si vous avez des questions sur notre enquête, sa méthodologie ou autres, n’hésitez pas à nous les poser dans ce formulaire : l.ouest-france.fr/Vyyk

Nous vous répondrons, en direct, vendredi à partir de 12 h.

1 month ago | [YT] | 71

Ouest-France

« Notre maison est menacée » : ces Bretons se battent pour leur fille atteinte d’un 2e cancer et leur fils autiste ⤵️

À quelques kilomètres de Ploërmel (Morbihan), Marjorie Bessone et Quentin Courtois vivent avec leurs enfants Aodren, 9 ans et Lilwenn, 7 ans. C’est à Sérent, dans le Morbihan qu’est implantée la demeure familiale, proche d’un bois avec un grand jardin, où se trouvent aussi des chats, un chien, un poney…

💬 « Cette maison est comme mon château. J’y suis super bien », accueille Lilwenn.

Une princesse qui se bat pour la deuxième fois contre son propre dragon : un cancer très agressif. Son arme de défense, c’est son optimisme, une force à toutes épreuves qui parfois déroute sa famille.

💬 « J’ai un cancer, et alors ? Je vais encore me battre. Ce qui m’embête le plus, c’est que, parfois, je ne peux pas sortir et jouer », regrette la petite fille.

L’histoire, peu banale, de Marjorie et Quentin, a été dévoilée par Le Ploërmelais.

💬 « Pour parodier le film d’Arthus, notre famille n’a pas un petit truc en plus, mais deux, s’amuse Quentin. Alors que Lilwenn compose avec le cancer ; Aodren est atteint d’un autisme très compliqué. Pour nous consacrer à nos deux petits satellites, nous avons décidé de mettre nos professions entre parenthèses, avec l’espoir de s’en sortir. »

💬 « Alors qu’il avait 18 mois, j’ai constaté divers troubles chez Aodren, avant qu’il soit diagnostiqué. C’est un petit garçon intelligent qui grandit dans un monde qu’il ne comprend pas. Nous avons la chance qu’il puisse aller à l’école du Roc, presque tous les jours. L’équipe pédagogique est sensationnelle avec lui. Cependant, il ne reste pas à la cantine. En plus de soins, nous devons lui consacrer aussi beaucoup de temps », confie Marjorie.

Cela fait maintenant cinq ans que cette maman ne travaille plus en tant que préparatrice en pharmacie, après 17 ans d’ancienneté. Électricien naval, Quentin a posé ses outils en septembre dernier.

Avec l’impossibilité d’exercer une activité, avec deux enfants en soin et la perte de revenus, la famille plonge dans un abîme financier.

💬 « Les charges s’accumulent, notre maison, si importante pour le moral de Lilwenn, est menacée. Nous tenons à payer nos mensualités comme tout le monde. Nous avons juste demandé un décalage d’échéances auprès de notre banque, mais en vain », s’émeut Marjorie.

Des soucis qui viennent alourdir un quotidien déjà bien chargé. Les parents ne laissent rien paraître et sont forts pour Lilwenn. Avant ses deux ans, « mon instinct maternel me disait que quelque chose n’allait pas. J’ai bien fait de l’écouter. Quel était le problème ? Je devais savoir. » Cet instinct lui prouva que la vie, malheureusement, peut réserver parfois des partitions moins enchanteresses.

Alors qu’elle vient de fêter ses deux ans, est diagnostiqué un cancer rare des os, plus précisément le Sarcome d’Ewing qui touche la hanche, « avec aussi des métastases sur la colonne vertébrale et les poumons. Notre monde s’effondre », revit Marjorie. Désormais, la vie de Lilwenn est rythmée par une multitude d’interventions chirurgicales, de très lourds traitements et son lot d’effets indésirables.

Puis le 11 juillet 2023, quelques rayons de soleil annoncent une rémission. Lilwenn garde le sourire, veut aller de l’avant, « elle a beaucoup de courage et aussi un humour incroyable. » Face à cette grande battante, le cancer revient. Cette fois-ci, au niveau du crâne, avec « l’impossibilité de l’opérer car c’est trop risqué. » En quelques jours, elle perd la vue de son œil droit, ainsi que l’audition de l’oreille droite.

Avec sa maman, Lilwenn a passé six semaines à Caen (Calvados), pour un traitement par protonthérapie, « une radiothérapie spécialisée qui permet de cibler plus fortement les cellules cancéreuses », explique Marjorie. La vie là-bas a été source de frais supplémentaires pour le couple, alors Marjorie et Quentin ont lancé un appel à l’aide, via une cagnotte en ligne.

De son côté, Lilwenn explique qu’il n’y a pas de secrets autour de sa maladie. Elle tient absolument à conserver sa maison château, son véritable havre de paix et de bien-être. Pour l’heure, ses mots sont choisis.

💬 « J’ai un p’tit diable dans ma tête qui m’embête. Je dois gagner contre lui. Car ce que je veux le plus, c’est de ne pas retourner à l’hôpital. » Tout est dit.

© Auteur de l’article: Dominique Le Lay
🫴 Lien vers la cagnotte : l.ouest-france.fr/VyBO
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1 month ago | [YT] | 767

Ouest-France

Tétraplégique, il est enfin indemnisé et trouve un souffle de liberté 40 ans après un accident à vélo ⤵️

Il a les yeux bleus comme un ciel d’avril, azur profond. Et dedans, il y a quelque chose qu’on ne s’attend pas à trouver chez un homme que son corps a trahi pendant quatre décennies : de l’espoir. Celui, fragile et têtu, de celui qui vient d’essayer pour la première fois un fauteuil roulant électrique et qui « sourit comme un gamin », se réjouit le personnel de l’Ehpad Mon repos, à Aigrefeuille-sur-Maine (Loire-Atlantique).


Bruno Desbois a 62 ans. Bientôt 63 ans. Il est tétraplégique. Et en mars 2026, dans cet établissement pour personnes âgées dépendantes, il a pris la route, seul maître à bord d’un engin qu’il commandait lui-même. Quelques mètres qui l’ont rendu « fou de joie », prolongent les aides-soignantes. Un petit événement pour cet homme qui ne croyait plus en grand-chose depuis un accident de la circulation.

Son histoire commence par un bruit sourd, pas loin du pont de Bellevue, à Nantes, un matin de juin 1985. Bruno Desbois se rend à son entreprise de Carquefou. Une voiture « m’a percuté par l’arrière », raconte-t-il sans tremblement dans la voix. Polyfracturé, il quitte l’hôpital avec des séquelles que personne ne mesure encore. Déjà, il ne peut plus « se servir des doigts de la main gauche ». Ce n’est que le début.

Ce sont des IRM, réalisées des années plus tard, qui permettent de comprendre : sa moelle épinière est compressée par des cavités qui ne cessent de grossir. « La syringomyélie est une maladie rare » qu’on ne peut stopper, indique la littérature médicale. Membre après membre, la commande se coupe. Le corps ne répond plus. Bruno Desbois devient dépendant. Puis prisonnier.

Pendant longtemps, sa mère s’en occupe. Mais elle ne peut l’emmener à l’extérieur. L’étroitesse des portes de leur logement empêche le passage d’un fauteuil roulant. Alors il reste dans la maison de Vertou. Des années sans franchir le seuil. Enfermé dans son corps et entre quatre murs. Jusqu’à son placement en Ehpad.

Après l’accident, il avait obtenu une petite indemnisation. Pas suffisant pour anticiper une vie de dépendance totale, de matériel médical, d’aide humaine, de véhicules adaptés. Bruno Desbois a fait sans rien.

C’est sa sœur qui a eu l’idée de consulter un avocat spécialiste en dommages corporels. Bruno Desbois en rigole aujourd’hui :

💬 « J’étais très sceptique. Je me disais que tout ça n’allait servir à rien. Que pouvais-je espérer 40 ans après l’accident ? » Il restait pourtant des choses à faire.

Me Vincent Sehier vient de faire condamner l’assureur par le tribunal judiciaire de Nantes, et d’obtenir un peu plus de 100 000 € à titre de provisions.

💬 « Les victimes d’un accident, y compris très ancien, peuvent rouvrir leur dossier en aggravation si elles présentent une dégradation de leur état de santé imputable au fait dommageable initial, » prévient l’avocat nantais.

Une première victoire, tardive. Mais réelle.

💬 « La vie d’une personne tétraplégique qui a des moyens est nettement différente de celle d’un tétraplégique qui n’en a pas », note encore Me Sehier.

Il y a un décalage entre ce que Bruno Desbois aurait pu avoir, et ce qu’il a eu pendant quarante ans.

Avec cette somme d’argent, il va pouvoir commander le fauteuil roulant électrique, un engin médicalisé de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

💬 « Je vais moins dépendre des autres. Avec ce fauteuil, je vais pouvoir aller me balader un peu, quand je veux », imagine-t-il.

Il ne se fixe pas de grands rêves.

💬 « Parce que je ne voudrais pas être déçu. »

Il compte aller voir sa mère plus souvent. Elle habite désormais à quinze minutes. Mais quinze minutes en véhicule adapté, « c’est 160 € à chaque fois. » Ce tarif-là était une frontière qu’il ne pouvait guère franchir jusqu’ici.

Il rêve encore d’un ordinateur à commandes oculaires, les yeux comme dernier outil valide, pour écrire, naviguer, s’évader. Son avocat parle lui-même d’une maison adaptée, d’une vraie vie organisée autour de ses besoins. Tout semble soudainement possible.

💬 « Si j’avais été mieux conseillé, j’aurais eu une autre vie. Avoir de l’argent en fin de vie, c’est quand même con ! »

© Auteur de l’article: Kevin Grethen
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1 month ago (edited) | [YT] | 759

Ouest-France

« Il m’a agressée » : 33 ans après, une ancienne Miss prépare une offensive judiciaire contre Donald Trump ⤵️

C’est une voix posée, précise, qui choisit ses mots. Béatrice Keul, 54 ans, Zurichoise, ancienne finaliste de Miss Suisse et Miss Europe, a accepté de répondre aux questions de Ouest-France.

Elle prépare un voyage à Londres pour de nouvelles interviews. Son agenda est chargé. Depuis octobre 2024, date à laquelle elle a brisé le silence dans les colonnes du Daily Mail, celle qui fait désormais partie de l’association « Women against Trump » accuse officiellement l’actuel président des États-Unis de l’avoir agressée sexuellement. Les faits se seraient passés il y a 33 ans. Elle avait alors 22 ans.

En 1992 et 1993, Béatrice Keul participe aux concours des Miss Suisse, puis Miss Europe, « comme hobby », dit-elle. Elle travaille dans une banque, parle plusieurs langues, a des diplômes.

💬 « Je n’avais aucune ambition dans le mannequinat. J’étais tombée dedans à cause de mon mètre quatre-vingt-cinq, de mes soixante kilos, et des gens qui n’arrêtaient pas de me dire que je devais faire ça ! »

Après Miss Europe, elle reçoit une invitation personnelle. Donald Trump l’a repérée. Il organise un concours de beauté, le « Donald J. Trump American Dream Beauty Pageant », à New York. Nous sommes en novembre 1993. Billet d’avion, hôtel, tout est pris en charge.

💬 « C’était une chance unique. À l’époque, en Suisse, on parlait de lui comme de Mister New York. Il avait une très bonne presse. » Elle part confiante aux États-Unis.

À peine arrivée, quelque chose cloche.

💬 « J’avais l’expérience des Miss. Je pouvais comparer. Le côté sérieux, ce n’était pas tout à fait ça. Et puis il y avait beaucoup d’hommes autour de ce concours. Beaucoup trop. »

Car ce concours, Béatrice Keul le comprendra plus tard, n’était pas organisé par des professionnels du mannequinat. Mais par trois hommes : Donald Trump, d’abord. Jeffrey Epstein, ensuite. Et Georges Houraney, figure connue dans les cercles influents à l’époque.

💬 « Un concours de beauté, trois prédateurs », résume-t-elle. L

à où normalement on ne trouve que des organisateurs, des candidates et la presse, Trump avait fait venir ses amis.

💬 « Il avait invité ses copains à venir voir de jolies femmes. Je n’ai pas peur de le dire. »

Lors d’un déjeuner de presse au Plaza Hotel - l’hôtel appartient alors à Trump - l’homme d’affaires l’aborde. Il s’attarde longuement.

💬 « Il m’appelait Miss Cool parce qu’il n’arrivait pas à prononcer mon nom. Il voulait tout savoir : d’où je venais, mes projets, combien de temps je restais. On a parlé plus de quinze minutes. Les autres nous regardaient. » Avant de s’éloigner, Trump lui dit : « On continuera cette conversation plus tard. Je t’enverrai quelqu’un. »

Mais une autre silhouette entre en scène. Les tables sont disposées en rond. Trump est à sa droite. Un inconnu arrive par sa gauche.

💬 « Je me suis dit que c’était un journaliste. »

L’homme se présente : « I’m Jeffrey. Don’s best friend. » Traduction : « Je suis Jeffrey, le meilleur ami de Donald. » Ce que Béatrice Keul ne sait pas encore, c’est qu’elle a, devant elle, Jeffrey Epstein.

Il commence à la cuisiner. « D’où viens-tu, quelles sont tes ambitions, combien de temps tu restes. » Puis il monte en gamme.

💬 « Il m’a dit que j’avais le profil et le charisme pour, je cite, « la ligue de ses amis milliardaires ». Qu’entre autres, il y avait un prince. Qu’il pouvait me faciliter des rencontres. » Il insiste pour qu’elle le suive ailleurs. Il propose de tout organiser : les vols, l’hébergement, tout. « I will take care of you. » Littéralement : « Je prendrai soin de toi. »

Elle jette un coup d’œil autour d’elle. Trump, à quelques mètres, observe la scène et échange des sourires avec Epstein.

💬 « Ces mecs-là, ils avaient déjà tout prévu. Trump fait l’introduction, Epstein travaille le terrain, et la fille finit par tomber dans le piège. »

Peu après, un homme de l’entourage de Trump s’approche d’elle. « Monsieur Trump souhaite vous voir en privé. » Devant l’invitation, Béatrice le suit sans méfiance. « Il m’avait dit qu’on continuait la conversation. J’avais confiance. » On la conduit dans une suite.

💬 « Quand je suis entrée, il m’a sauté dessus comme une bête sauvage. Je n’ai pas eu le temps de me retourner. Il m’a touchée partout. Il utilisait la force. Il n’y avait plus de conversation, plus rien. Il n’y avait que de la brutalité. »

Elle dit avoir crié, s’être débattue, en pensant que l’homme qui l’a conduite ici était encore derrière la porte, qu’il allait l’entendre, et peut-être même intervenir. Personne ne viendra. Interrogée sur la qualification exacte des faits, Béatrice Keul répond en trois mots : selon elle, « c’était une agression sexuelle brutale. »

Quand tout s’arrête, Trump change de visage. Jekyll and Hyde, dit-elle. Elle se souvient de ses mots en anglais.

💬« Il m’a clairement dit : «B ad things would happen to you ». De mauvaises choses m’arriveront si je parlais. Ensuite, il m’a dit : « The show must go on ». Que je devais faire semblant de rien. Que si je me taisais, il prendrait soin de moi. « I will take care of you. You just have to keep quiet. » »

Elle promet tout ce qu’il veut entendre.

💬 « Je voulais juste sortir de là vivante et récupérer mon passeport. »

Elle change de tenue dans les toilettes après l’agression, parce que sa robe « était déchirée ». Elle rejoint les autres candidates comme si de rien n’était. La semaine se passe…

Au retour, dans l’avion, le masque tombe.

💬 « J’ai eu une absence totale. L’hôtesse de l’air m’a vue pleurer sans pouvoir m’arrêter. Elle m’a apporté un verre de champagne. Ça n’a rien changé. Elle en a apporté un deuxième. Puis la bouteille. Je me suis endormie. C’est la meilleure chose qui m’est arrivée ce soir-là. »

Quand elle rentre chez elle en Suisse, elle met tout dans une boîte. Billets d’avion, photos, invitation, plaque commémorative. Tout dans un carton, au garage. Fini le mannequinat. Et elle retourne à la banque.

© Auteur de l’article: Arnaud Wajdzik
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1 month ago (edited) | [YT] | 407