Je crois que l’on comprend mal ce qu’est un combat. On imagine toujours naïvement deux hommes face à face, deux volontés distinctes, et deux corps qui cherchent à imposer leur loi sur l’autre. Pourtant, les combats les plus décisifs se déroulent très souvent dans une pièce vide — sans public, sans applaudissements, et sans médaille.
À proprement parler, je ne suis pas un boxeur — je suis un artisan. Je suis un homme qui travaille sa matière première…Or cette matière première n’est ni le muscle ni la technique : c’est moi-même.
J’adore réfléchir, et parler. Mais pendant que je parle et que je réfléchis, la vie continue d’exiger des actes. Le sac de frappe possède sur ce point une sagesse que nous n’avons pas : il ne s’intéresse pas à ce que je ressens, ni à mon passé, ni aux raisons légitimes ou non que je pourrais invoquer pour ne pas être là.
Il me pose une seule question au fond (finalement, il parle aussi ce salaud !) : « Que fais-tu là, maintenant ? »
Question terrible — Question magnifique — Question que l’on devrait peut-être poser plus souvent à notre existence entière ! Car un homme n’est pas ce qu’il promet ; il n’est pas non plus ce qu’il rêve, et même pas ce qu’il pense être… Il est, pour une large part, l’ensemble des gestes qu’il répète lorsque personne ne le regarde ! Voilà pourquoi j’aime les disciplines du corps, — car elles sont d’une honnêteté brutale !
Pour moi le corps est « vérité ». Et lorsque le corps retrouve sa vérité, l’esprit cesse de délirer. Alors je frappe ce sac parce que je refuse de devenir mou et stérile dans cette France — et cette Europe mortifère — qui nous veut immobile et bien gras. Je refuse aussi de laisser mes facultés rouiller sous prétexte que le monde moderne a réussi à supprimer la plupart des nécessités. C’est jouissif de retrouver son grip, sa mobilité, son agilité, sa force !
L’Homme est une étrange créature : privé d’obstacles, il finit par devenir son propre mur. Pourtant la vie ne doit pas être subit si l’on veut vivre joyeusement ; elle doit être sculptée ! Coup après coup ! Souffle après souffle ! Jour après jour !!!
Agissez donc ! Soyez des esprits libres, — mais des esprits libres incarnés !
Nous sommes au dernier cours de HLP que je donne à mes premières. Une élève suisse m’offre des gâteaux : des Basler Läckerli (pains d’épices durs, miel, kirsch, zeste d’agrumes, amandes, etc). Une recette qui remonte au 15 ème siècle, paraît-il !
Je lui dis que : Nietzsche a enseigné à Bâle. Ce qui manifestement la surprend et l’intrigue. Mon élève ignorait que Nietzsche avait passé près de dix ans à Bâle. À seulement vingt-quatre ans, il y fut nommé professeur de philologie classique à l’université alors même qu’il n’avait encore soutenu aucune thèse ! Bref, je mords dedans, et quelque chose se produit que je n’attendais pas ! Proust l’avait théorisé avant de le vivre, ou l’inverse, je ne sais plus, peu importe. La madeleine de Proust : trempée dans le tilleul qui fait surgir Combray tout entier, non pas comme un souvenir intellectuel qu’on cherche, mais comme une irruption sensorielle qu’on subit. C’est ce qu’il appelle la mémoire involontaire : celle que le corps garde quand l’esprit a déjà rangé, classé, et oublié l’évènement.
Mais moi, je n’avais jamais mis les pieds à Bâle, et jamais goûté ce gâteau. Et pourtant… ce qui a surgi, ce n’était pas un souvenir : c’était une atmosphère. Un philosophe ne pense jamais dans le vide : il pense quelque part — dans une rue, dans un café, sous un climat, et au milieu d’un peuple. Bâle n’est pas Nietzsche, mais Nietzsche fut un moment de Bâle. Ce petit gâteau m’a rappelé quelque chose : la culture ne se transmet pas seulement par des concepts, elle se transmet aussi par le pain, le vin, les chants, les saveurs et les traditions ! Nous sommes moins des esprits « flottants » que nous ne l’imaginons. Nous sommes des êtres incarnés, car même les idées les plus hautes ont besoin d’un estomac.
La madeleine de Proust fonctionne parce que le corps est une archive plus honnête que la mémoire consciente. Les neurosciences contemporaines — pour revenir à un peu de concret et de sciences — confirment ce que Proust sentait : les souvenirs sensoriels, notamment olfactifs et gustatifs, empruntent des voies neurologiques qui court-circuitent le cortex préfrontal. Ils passent directement par l’amygdale et l’hippocampe, zones de l’émotion et de la mémoire, c’est pourquoi ils surgissent au lieu d’être « retrouvés ». Mais dans mon cas, il ne s’agissait pas d’un souvenir, il s’agissait d’une résonance. Nietzsche avait peut-être mordu dans ce même gâteau, entre deux cours, entre deux migraines, entre deux pages d’un livre qui allait renverser l’Occident. Ou peut-être pas.
Je regarde mon élève. Elle sourit, un peu perdue dans tout ça (bon je ne lui ai pas autant dit que ce que je vous dit là évidemment). Bref, voilà ce que fait la philosophie quand elle est vivante, elle finit par avoir un goût.
Dans mon œil dort une mer aux profondeurs souveraines, Un royaume de saphir traversé de veines anciennes.
Au centre brûle un or que nul hiver n’abat, Comme un soleil secret que le temps ne prend pas.
Et dans ce cercle ardent, dans cette lumière fidèle, Se tient, silencieuse encore, la silhouette de celle dont la présence dépose sur mes tempêtes un rivage, Et transforme mes abîmes en terres de passage.
Mon regard n’est jamais seul lorsqu’il rencontre le sien, Car elle habite déjà les constellations du mien.
Elle nage dans l’azur de mes pensées les plus profondes, Comme une lune discrète gouvernant les eaux du monde.
Alors l’or de mon iris n’est plus seulement lumière, Mais la trace d’un amour tombé dans ma matière.
Les hommes croient parfois que les yeux ne font que voir, Mais certains sont des livres écrits bien avant l’histoire.
Le mien porte son reflet comme un trésor immergé, Une présence d’éternité dans un instant figé.
Et lorsque quelqu’un plonge dans ce bleu traversé d’or, Ce n’est pas seulement moi qu’il rencontre alors : C’est un amour vivant sous la surface des choses,
Une fleur d’infini dont chaque regard est éclosion, — chaque regard expose, des milliards d’étoiles qui explosent, à la vue de mon amour ; si profond, il n’y aura jamais de surdose… car j’ai choisi l’infini !
danduchateau
lesgrandesdames.fr/index.php/2025/04/19/christine-…
13 hours ago | [YT] | 0
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danduchateau
Cuisiner avec amour, même seul ; c’est une preuve de respect pour le miracle d’être vivant. ❤️
2 days ago | [YT] | 2
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danduchateau
C’est le créateur qu’ils haissent le plus : celui qui brise des tables et de vieilles valeurs, ce briseur — ils l’appellent un criminel.
#nietzsche #citation #philosophie
3 days ago | [YT] | 1
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danduchateau
Reprise de la mobilité artistique ! 🙌🏼 Y a du travail à faire pour retrouver un mouvement plus esthétique 😂👌🏼 #tricks #tricking #martialarts
4 days ago | [YT] | 4
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danduchateau
https://youtu.be/OFvX3FaeAwo?is=_RG_E...
1 week ago | [YT] | 2
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danduchateau
L’esprit est une expression raffinée du corps. Un homme incapable de jouir sainement de la nourriture, aura une pensée appauvrie et maladive !
1 week ago | [YT] | 2
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danduchateau
Je crois que l’on comprend mal ce qu’est un combat. On imagine toujours naïvement deux hommes face à face, deux volontés distinctes, et deux corps qui cherchent à imposer leur loi sur l’autre. Pourtant, les combats les plus décisifs se déroulent très souvent dans une pièce vide — sans public, sans applaudissements, et sans médaille.
À proprement parler, je ne suis pas un boxeur — je suis un artisan. Je suis un homme qui travaille sa matière première…Or cette matière première n’est ni le muscle ni la technique : c’est moi-même.
J’adore réfléchir, et parler. Mais pendant que je parle et que je réfléchis, la vie continue d’exiger des actes. Le sac de frappe possède sur ce point une sagesse que nous n’avons pas : il ne s’intéresse pas à ce que je ressens, ni à mon passé, ni aux raisons légitimes ou non que je pourrais invoquer pour ne pas être là.
Il me pose une seule question au fond (finalement, il parle aussi ce salaud !) : « Que fais-tu là, maintenant ? »
Question terrible — Question magnifique — Question que l’on devrait peut-être poser plus souvent à notre existence entière ! Car un homme n’est pas ce qu’il promet ; il n’est pas non plus ce qu’il rêve, et même pas ce qu’il pense être… Il est, pour une large part, l’ensemble des gestes qu’il répète lorsque personne ne le regarde ! Voilà pourquoi j’aime les disciplines du corps, — car elles sont d’une honnêteté brutale !
Pour moi le corps est « vérité ». Et lorsque le corps retrouve sa vérité, l’esprit cesse de délirer. Alors je frappe ce sac parce que je refuse de devenir mou et stérile dans cette France — et cette Europe mortifère — qui nous veut immobile et bien gras. Je refuse aussi de laisser mes facultés rouiller sous prétexte que le monde moderne a réussi à supprimer la plupart des nécessités. C’est jouissif de retrouver son grip, sa mobilité, son agilité, sa force !
L’Homme est une étrange créature : privé d’obstacles, il finit par devenir son propre mur. Pourtant la vie ne doit pas être subit si l’on veut vivre joyeusement ; elle doit être sculptée !
Coup après coup ! Souffle après souffle ! Jour après jour !!!
Agissez donc ! Soyez des esprits libres, — mais des esprits libres incarnés !
2 weeks ago | [YT] | 3
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danduchateau
La Madeleine de Bâle !
Nous sommes au dernier cours de HLP que je donne à mes premières. Une élève suisse m’offre des gâteaux : des Basler Läckerli (pains d’épices durs, miel, kirsch, zeste d’agrumes, amandes, etc). Une recette qui remonte au 15 ème siècle, paraît-il !
Je lui dis que : Nietzsche a enseigné à Bâle.
Ce qui manifestement la surprend et l’intrigue. Mon élève ignorait que Nietzsche avait passé près de dix ans à Bâle. À seulement vingt-quatre ans, il y fut nommé professeur de philologie classique à l’université alors même qu’il n’avait encore soutenu aucune thèse ! Bref, je mords dedans, et quelque chose se produit que je n’attendais pas ! Proust l’avait théorisé avant de le vivre, ou l’inverse, je ne sais plus, peu importe. La madeleine de Proust : trempée dans le tilleul qui fait surgir Combray tout entier, non pas comme un souvenir intellectuel qu’on cherche, mais comme une irruption sensorielle qu’on subit. C’est ce qu’il appelle la mémoire involontaire : celle que le corps garde quand l’esprit a déjà rangé, classé, et oublié l’évènement.
Mais moi, je n’avais jamais mis les pieds à Bâle, et jamais goûté ce gâteau. Et pourtant… ce qui a surgi, ce n’était pas un souvenir : c’était une atmosphère. Un philosophe ne pense jamais dans le vide : il pense quelque part — dans une rue, dans un café, sous un climat, et au milieu d’un peuple. Bâle n’est pas Nietzsche, mais Nietzsche fut un moment de Bâle. Ce petit gâteau m’a rappelé quelque chose : la culture ne se transmet pas seulement par des concepts, elle se transmet aussi par le pain, le vin, les chants, les saveurs et les traditions ! Nous sommes moins des esprits « flottants » que nous ne l’imaginons. Nous sommes des êtres incarnés, car même les idées les plus hautes ont besoin d’un estomac.
La madeleine de Proust fonctionne parce que le corps est une archive plus honnête que la mémoire consciente. Les neurosciences contemporaines — pour revenir à un peu de concret et de sciences — confirment ce que Proust sentait : les souvenirs sensoriels, notamment olfactifs et gustatifs, empruntent des voies neurologiques qui court-circuitent le cortex préfrontal. Ils passent directement par l’amygdale et l’hippocampe, zones de l’émotion et de la mémoire, c’est pourquoi ils surgissent au lieu d’être « retrouvés ». Mais dans mon cas, il ne s’agissait pas d’un souvenir, il s’agissait d’une résonance. Nietzsche avait peut-être mordu dans ce même gâteau, entre deux cours, entre deux migraines, entre deux pages d’un livre qui allait renverser l’Occident. Ou peut-être pas.
Je regarde mon élève. Elle sourit, un peu perdue dans tout ça (bon je ne lui ai pas autant dit que ce que je vous dit là évidemment). Bref, voilà ce que fait la philosophie quand elle est vivante, elle finit par avoir un goût.
Dan DUCHATEAU
2 weeks ago | [YT] | 1
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danduchateau
2 weeks ago | [YT] | 1
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danduchateau
Dans mon œil dort une mer aux profondeurs souveraines,
Un royaume de saphir traversé de veines anciennes.
Au centre brûle un or que nul hiver n’abat,
Comme un soleil secret que le temps ne prend pas.
Et dans ce cercle ardent, dans cette lumière fidèle,
Se tient, silencieuse encore, la silhouette de celle dont la présence dépose sur mes tempêtes un rivage,
Et transforme mes abîmes en terres de passage.
Mon regard n’est jamais seul lorsqu’il rencontre le sien,
Car elle habite déjà les constellations du mien.
Elle nage dans l’azur de mes pensées les plus profondes,
Comme une lune discrète gouvernant les eaux du monde.
Alors l’or de mon iris n’est plus seulement lumière,
Mais la trace d’un amour tombé dans ma matière.
Les hommes croient parfois que les yeux ne font que voir,
Mais certains sont des livres écrits bien avant l’histoire.
Le mien porte son reflet comme un trésor immergé,
Une présence d’éternité dans un instant figé.
Et lorsque quelqu’un plonge dans ce bleu traversé d’or,
Ce n’est pas seulement moi qu’il rencontre alors : C’est un amour vivant sous la surface des choses,
Une fleur d’infini dont chaque regard est éclosion,
— chaque regard expose,
des milliards d’étoiles qui explosent,
à la vue de mon amour ; si profond, il n’y aura jamais de surdose… car j’ai choisi l’infini !
#poesie #blueeyes #love #poetry #writing
2 weeks ago | [YT] | 2
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