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Nébuleuse Propagande Culturo Pop
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avec
Pierre-Emmanuel Barré
Bernard Stiegler
Alain Guyard
Blanche Gardin
Julie Gayet
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Usul
Gregoire Chamayou
Bernard Friot
Roland Gori
Christian Laval
Pierre Dardot
Clément Viktorovitch
Susanne Heinrich
Marie Rathscheck
Francis Dupuis-Déri
Jacques Rancière
Spinoza
Laurent SOCHARD
PARLONS CHIFFRES
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...


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Votez pour une République des Assemblées Populaires !

https://ecrivonsla.fr/#prop-1003

Constitution d’une République des Assemblées Populaires


Préambule

Nous, habitantes et habitants de la République, affirmons que la souveraineté appartient pleinement au peuple organisé en assemblées populaires.

Considérant que la liberté politique n’existe réellement que lorsque chacune et chacun peut participer directement aux décisions qui concernent la vie commune ;

Considérant que l’égalité politique exige l’accès universel à l’information, au débat, à la délibération et au contrôle des institutions ;
Considérant que toute concentration durable du pouvoir menace la démocratie ;

Nous établissons la présente Constitution afin de garantir :

la démocratie directe et permanente ;
le contrôle populaire des institutions ;
la rotation des responsabilités ;
la justice sociale et écologique ;
la protection des libertés fondamentales ;
l’autonomie des communes et des territoires ;
l’égalité réelle entre toutes les personnes.


Nous, habitants de la République, affirmons que la souveraineté appartient au peuple réuni en assemblées populaires. La liberté politique suppose la participation directe de chacune et chacun aux décisions communes. L’égalité exige un accès universel à l’information, au débat et au contrôle des institutions. Refusant toute concentration durable du pouvoir, nous établissons cette Constitution pour garantir la démocratie permanente, la justice sociale et écologique, la protection des libertés fondamentales, l’autonomie des territoires et l’égalité réelle entre toutes les personnes libres.

2 weeks ago (edited) | [YT] | 18

hasard organisé

"La commune est l'héritage de la Révolution Française. Bien que la bourgeoisie post révolutionnaire ait détourné le mot "démocratie" et en a vidé le sens en le transformant en "régime électif représentatif", il ne faut oublier que la ville ou le village, sont de nouveaux centres carrefour des réticularités, primordiales dans l'acheminement des besoins premiers et sociaux. C'est en cela que c'est de première importance. Cela peut être le néo foyer empirique de ce que la Grèce du Vème av. J.-C. appelait demokratia."

Cette citation articule plusieurs idées fortes : une généalogie révolutionnaire de la commune, une critique de la démocratie représentative moderne, et une réhabilitation de l’échelle locale comme espace possible d’une démocratie réelle. Elle mobilise implicitement des thèmes que l’on retrouve chez des historiens de la Révolution française, des philosophes politiques, des anthropologues du politique et des sociologues des réseaux sociaux.

On peut la développer en plusieurs axes.

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# 1. « La commune est l’héritage de la Révolution française »

La commune moderne naît effectivement de la Révolution de 1789. Avant celle-ci, le territoire français était morcelé en paroisses, seigneuries, provinces et privilèges locaux. La Révolution entreprend une rationalisation du territoire et crée en 1789-1790 les communes comme unités administratives de base.

Mais réduire la commune à une simple administration serait insuffisant. Pour les révolutionnaires, notamment les jacobins et les sans-culottes, la commune devait être un espace de souveraineté populaire.

L’historien Jules Michelet voyait dans la Révolution française une irruption du peuple dans l’Histoire. La commune représentait alors le lieu où le peuple cessait d’être sujet pour devenir acteur politique.

Chez Alexis de Tocqueville, notamment dans *De la démocratie en Amérique*, la commune est décrite comme « l’école primaire de la liberté ». Tocqueville explique qu’une démocratie vivante ne repose pas seulement sur des institutions nationales, mais sur des habitudes locales d’autogouvernement. Une population qui ne participe jamais aux affaires locales finit par devenir passive face au pouvoir central.

La citation rejoint également la pensée de Pierre-Joseph Proudhon. Pour Proudhon, la véritable démocratie ne peut être centralisée ; elle doit être fédérative, enracinée dans les communes, les associations et les coopérations locales. La commune est alors l’unité organique du politique.

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# 2. La critique de la démocratie représentative

La citation affirme ensuite que la bourgeoisie postrévolutionnaire aurait « détourné » le mot démocratie en le transformant en « régime électif représentatif ».

Cette idée est très proche des analyses de Jean-Jacques Rousseau. Dans *Du contrat social*, Rousseau soutient qu’un peuple qui délègue totalement sa souveraineté cesse d’être libre :

> « Le peuple anglais pense être libre ; il se trompe fort : il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement. »

Pour Rousseau, la souveraineté populaire est incompatible avec une représentation permanente. La démocratie véritable suppose une participation directe des citoyens.

Plus tard, Cornelius Castoriadis développera une critique semblable. Selon lui, les démocraties modernes sont devenues des oligarchies libérales où les citoyens sont réduits à choisir périodiquement leurs gouvernants sans véritable maîtrise collective des décisions. Il oppose cette logique à l’autonomie grecque antique, où les citoyens participaient directement à la délibération.

La référence à la bourgeoisie postrévolutionnaire peut être éclairée par l’analyse marxiste. Karl Marx considérait que les institutions représentatives issues du XIXe siècle exprimaient avant tout les intérêts de la classe bourgeoise montante. La démocratie parlementaire apparaissait comme une égalité formelle masquant des inégalités économiques réelles.

L’historien François Furet a montré que la Révolution française contient justement cette tension : d’un côté une aspiration populaire à la souveraineté directe, de l’autre la stabilisation d’un ordre libéral représentatif.

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# 3. La commune comme « carrefour des réticularités »

Le mot « réticularités » renvoie à l’idée de réseau. La commune n’est plus seulement un territoire administratif ; elle devient un nœud de relations humaines, économiques, techniques et sociales.

Cette idée peut être rapprochée des travaux du sociologue Manuel Castells sur la « société en réseaux ». Castells explique que le pouvoir contemporain circule dans des flux : information, énergie, marchandises, communication, logistique. Les villes deviennent des plateformes d’interconnexion.

Mais la citation insiste surtout sur les « besoins premiers et sociaux ». Cela rejoint les analyses anthropologiques de Marcel Mauss. Dans *Essai sur le don*, Mauss montre qu’une société tient par des relations de réciprocité concrètes : échange, solidarité, entraide. Les structures locales demeurent fondamentales parce qu’elles permettent l’existence de liens sociaux incarnés.

On peut aussi mobiliser Henri Lefebvre, auteur du *Droit à la ville*. Lefebvre critique l’urbanisme capitaliste qui transforme la ville en simple espace de circulation marchande. Il défend au contraire la ville comme espace d’appropriation collective et de participation politique.

Ainsi, la commune devient un lieu stratégique parce qu’elle concentre :

* l’accès aux ressources ;
* les solidarités ;
* les infrastructures ;
* les échanges humains ;
* la capacité d’organisation collective.

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# 4. La référence à la démocratie grecque

La phrase finale évoque explicitement la *demokratia* athénienne du Ve siècle av. J.-C.

Dans Athènes, la démocratie signifiait littéralement le « pouvoir du demos », c’est-à-dire du peuple des citoyens. Les décisions majeures étaient prises dans l’assemblée populaire (*ekklesia*), où les citoyens débattaient directement.

La citation suggère que la commune pourrait devenir un « néo foyer empirique » de cette démocratie directe.

Le philosophe Hannah Arendt voyait dans la polis grecque un espace d’apparition politique : les citoyens devenaient pleinement humains par leur participation publique. Elle regrettait que les sociétés modernes aient réduit la politique à la gestion administrative.

De même, Murray Bookchin développa l’idée de « municipalisme libertaire ». Selon lui, les communes peuvent redevenir des lieux d’assemblées populaires, capables de concurrencer l’État centralisé et le capitalisme globalisé. Il proposait des fédérations de communes démocratiques inspirées à la fois des sections révolutionnaires françaises et de la démocratie athénienne.

Cependant, plusieurs penseurs rappellent les limites du modèle grec :

* exclusion des femmes ;
* exclusion des esclaves ;
* exclusion des étrangers ;
* petite taille de la cité.

L’anthropologue Moses Finley souligne que la démocratie athénienne reposait sur une structure sociale impossible à reproduire telle quelle aujourd’hui.

La citation ne demande donc pas un retour littéral à Athènes, mais une réactivation de son principe fondamental : la participation directe des citoyens à la gestion du commun.

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# 5. Une lecture contemporaine : crise démocratique et retour du local

Cette citation prend un sens particulier dans le contexte contemporain :

* défiance envers les institutions représentatives ;
* abstention électorale ;
* centralisation étatique ;
* mondialisation économique ;
* crise écologique.

Le local redevient alors un espace où l’action politique paraît encore tangible.

Le sociologue Bruno Latour insistait sur la nécessité de « réatterrir », c’est-à-dire de reconnecter les sociétés humaines à des territoires concrets, des infrastructures et des interdépendances matérielles.

L’anthropologue David Graeber montrait également que de nombreuses expériences horizontales d’organisation collective existent déjà : assemblées citoyennes, ZAD, coopératives, municipalismes participatifs.

On peut aussi penser à des expériences politiques contemporaines :

* les communes zapatistes au Mexique ;
* le municipalisme de Barcelone ;
* certaines formes de démocratie participative locale.

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# 6. Sens philosophique global de la citation

Au fond, cette citation oppose deux conceptions de la démocratie :

## La démocratie représentative moderne

* centralisée ;
* professionnelle ;
* électorale ;
* médiée par les partis ;
* souvent éloignée des citoyens.

## La démocratie communale

* locale ;
* participative ;
* fondée sur l’expérience concrète ;
* articulée autour des besoins réels ;
* organisée en réseaux horizontaux.

Le terme « néo foyer empirique » est important : il signifie que la démocratie ne doit pas rester une abstraction juridique ou idéologique. Elle doit redevenir une pratique vécue.

La commune est alors pensée non comme un simple découpage administratif, mais comme :

* un espace politique ;
* un lieu de solidarité ;
* un réseau de coopération ;
* une matrice possible d’autonomie démocratique.

Cette vision traverse une longue tradition allant de Rousseau à Bookchin, de la Révolution française aux expériences municipalistes contemporaines.

2 weeks ago (edited) | [YT] | 13

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Ceux qui restent
Faire sa vie dans les campagnes en déclin
Benoit Coquard
https://www.editionsladecouverte.fr/ceux_qui_restent-9782348044472

Qui sont ces hommes et ces femmes qui continuent d'habiter dans les campagnes en déclin ? Certains y fantasment le " vrai " peuple de la " France oubliée ", d'autres y projettent leur dégoût des prétendus " beaufs " racistes et ignorants. Mais " ceux qui restent " se préoccupent peu de ces clichés éculés. Comment vit-on réellement dans des zones dont on ne parle d'ordinaire que pour leur vote Rassemblement national ou, plus récemment, à l'occasion du mouvement des Gilets jaunes ?
Parmi les nouvelles générations, ils sont nombreux à rejoindre les villes pour les études, puis il y a ceux qui restent, souvent parce qu'ils n'ont pas les ressources nécessaires pour partir. Ceux-là tiennent néanmoins à ce mode de vie rural et populaire dans lequel " tout le monde se connaît " et où ils peuvent être socialement reconnus. Comment perçoivent-ils alors la société qui les entoure ? À qui se sentent-ils opposés ou alliés ?
À partir d'une enquête immersive de plusieurs années dans la région Grand-Est, Benoît Coquard plonge dans la vie quotidienne de jeunes femmes et hommes ouvriers, employés, chômeurs qui font la part belle à l'amitié et au travail, et qui accordent une importance particulière à l'entretien d'une " bonne réputation ".
À rebours des idées reçues, ce livre montre comment, malgré la lente disparition des services publics, des usines, des associations et des cafés, malgré le chômage qui sévit, des consciences collectives persistent, mais sous des formes fragilisées et conflictuelles. L'enquête de Benoît Coquard en restitue la complexité.

3 months ago (edited) | [YT] | 6

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Histoire de France populaire
D’il y a très longtemps à nos jours
Laurence De Cock
Mémoires sociales

https://agone.org/livre/histoire-de-france-populaire/

Dans la poursuite du travail de Howard Zinn et de Gérard Noiriel,
ce livre revisite les mythes nationaux à l’aune des avancées historiques les plus récentes.
Interroger les origines de la France, retracer les résistances et les révoltes
pour placer au cœur de l’histoire les acteurs et actrices oubliées
par le grand roman national et colonial.

« La France est un pays où l’on adore l’histoire. Tout le monde en connaît à peu près les principaux évènements – ne serait­-ce que parce que l’école nous les a transmis. Ce récit, que nous aimons écouter, s’appelle “récit national”, car il s’agit d’une histoire de la construction de la France comme nation. On en parle aussi en termes de “roman national” tant il se rapproche parfois de la fiction. Ce récit est puissant, facile à raconter et il fournit à peu de frais de l’orgueil national à celles et ceux qui aiment s’inscrire dans de grandes lignées éternelles.

» Mais ce récit est biaisé et ignore l’essentiel des connaissances accumulées depuis par les professionnels de la recherche historique. Il laisse aussi de côté les hommes et les femmes “ordinaires” en mettant l’accent sur les personnages “extra­ordinaires”, essentiellement des hommes. Ce qui laisse penser que le moteur de l’histoire est aux mains de ceux qui ont le pouvoir, que les autres doivent se contenter de subir leurs décisions, qu’ils n’en prennent jamais eux­-mêmes, qu’ils n’ont aucun poids dans les changements historiques et ne jouent aucun rôle dans les basculements de l’histoire.

» Notre récit part à la recherche du “populaire”, pris dans les mécanismes de dominations, en revisitant les épisodes du récit national, mais en y ajoutant d’autres moments historiques, et surtout d’autres acteurs, et actrices. Il faudra donc lire ce livre comme une aventure faite de luttes, de résistances, de désenchantements, de soumissions, d’émancipations, de défaites et de victoires. Une épopée tantôt joyeuse, tantôt triste et sanglante, et qui se déroule jusqu’à nos jours. Car on ne peut éviter de se poser la question : où est le populaire aujourd’hui ? et quel est son destin ? »

1 year ago (edited) | [YT] | 3

hasard organisé

DÉMOCRATIE
Histoire politique d'un mot aux États-Unis et en France
Francis Dupuis-Déri
luxediteur.com/catalogue/democratie/

Toutes les forces politiques se réclament aujourd’hui du mot «démocratie». Or l’étude des discours des «pères fondateurs» des prétendues «démocraties» modernes aux États-Unis et en France révèle que ces derniers s’opposaient à un régime où le peuple se gouverne seul, et associaient cette idée au chaos et à la tyrannie des pauvres. Comment expliquer que le régime électoral actuel soit perçu comme l’ultime modèle «démocratique», alors qu’il a été fondé par des antidémocrates déclarés?

Après avoir puisé dans diverses sources du passé, l’auteur dévoile ici une étonnante aventure politique où s’affrontent des personnalités et des forces politiques qui cherchent à contrôler les institutions des régimes fondés à la fin du XVIIIe siècle. Deux siècles plus tard, alors que la planète entière semble penser que «démocratie» est synonyme de «régime électoral», toute expérience d’un véritable pouvoir populaire se heurte toujours au mépris des élites.

Paru en 2013, ce livre est devenu un ouvrage de référence dans le champ de plus en plus vaste de l’histoire critique de la démocratie.

2 years ago (edited) | [YT] | 4

hasard organisé

Commun
Essai sur la révolution au XXIe siècle
Pierre Dardot, Christian Laval
www.editionsladecouverte.fr/commun-9782707169389
Partout dans le monde, des mouvements contestent l'appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun.
Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s'impose aujourd'hui comme le terme central de l'alternative politique pour le XXIe siècle : il noue la lutte anticapitaliste et l'écologie politique par la revendication des " communs " contre les nouvelles formes d'appropriation privée et étatique ; il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles ; il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis.
Cette émergence du commun dans l'action appelle un travail de clarifi cation dans la pensée. Le sens actuel du commun se distingue des nombreux usages passés de cette notion, qu'ils soient philosophiques, juridiques ou théologiques : bien suprême de la cité, universalité d'essence, propriété inhérente à certaines choses, quand ce n'est pas la fin poursuivie par la création divine. Mais il est un autre fil qui rattache le commun, non à l'essence des hommes ou à la nature des choses, mais à l' activité des hommes eux-mêmes : seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est " commun ", réserver certaines choses à l'usage commun, produire les règles capables d'obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution.

2 years ago (edited) | [YT] | 11

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Caliban et la Sorcière
Silvia Federici
Femmes, corps et accumulation primitive
entremonde.net/caliban-et-la-sorciere

Essai, traduction de l’anglais (États-Unis) par le collectif Senonevero, revue et complétée par Julien Guazzini

Silvia Federici revi­site ce moment par­ti­cu­lier de l’his­toire qu’est la tran­si­tion entre le féo­da­lisme et le capi­ta­lisme, en y intro­dui­sant la pers­pec­tive par­ti­cu­lière de l’his­toire des femmes.

Elle nous invite à réflé­chir aux rap­ports d’exploi­ta­tion et de domi­na­tion, à la lumière des bou­le­ver­se­ments intro­duits à l’issue du Moyen Âge. Un monde nou­veau nais­sait, pri­va­ti­sant les biens autre­fois col­lec­tifs, trans­for­mant les rap­ports de tra­vail et les rela­tions de genre. Ce nou­veau monde, où des mil­lions d’escla­ves ont posé les fon­da­tions du capi­ta­lisme moderne, est aussi le résul­tat d’un asser­vis­se­ment sys­té­ma­ti­que des femmes. Par la chasse aux sor­ciè­res et l’escla­vage, la tran­si­tion vers le capi­ta­lisme fai­sait de la moder­nité une affaire de dis­ci­pline. Discipline des corps fémi­nins dévo­lus à la repro­duc­tion, consu­més sur les bûchers comme autant de signaux ter­ri­fiants, tor­tu­rés pour lais­ser voir leur méca­ni­que intime, anéan­tis socia­le­ment. Discipline des corps d’escla­ves, servis à la machine sociale dans un for­mi­da­ble mou­ve­ment d’acca­pa­re­ment des res­sour­ces du Nouveau Monde pour la for­tune de l’ancien.

Le capi­ta­lisme contem­po­rain pré­sente des simi­li­tu­des avec son passé le plus vio­lent. Ce qu’on a décrit comme bar­ba­rie et dont aurait su triom­pher le siècle de la raison est cons­ti­tu­tif de ce mode de pro­duc­tion : l’escla­vage et l’anéan­tis­se­ment des femmes n’étaient pas des pro­ces­sus for­tuits, mais des néces­si­tés de l’accu­mu­la­tion de richesse. L’auteur nous invite à par­ta­ger son son regard d’his­to­rienne et de fémi­niste sur la situa­tion actuelle et sur ses méca­nis­mes.

Silvia Federici (née en 1942 à Parme en Italie) est une uni­ver­si­taire amé­ri­caine, ensei­gnante et mili­tante fémi­niste révo­lu­tion­naire. Elle est pro­fes­seure émérite et cher­cheuse à l’Université Hofstra à New York.

2 years ago (edited) | [YT] | 4

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Spinoza
De la vérité au bonheur
Philippe Amador

Après une adaptation du Traité de la Réforme de l’Entendement, un texte de jeunesse de Spinoza, l’auteur récidive cette fois-ci avec l’Éthique, l’œuvre majeure du philosophe néerlandais.
Ce monument de l’histoire de la philosophie est réputé difficile d’accès, mais son apparente austérité cache un texte qui nous parle tout simplement de notre vie concrète, de nos émotions, de notre esprit, du monde qui nous entoure. C’est ce que veut démontrer l’auteur en proposant une traduction de l’Éthique, où le philosophe nous explique pas à pas comment vaincre ce qui affaiblit notre intelligence et donc notre capacité au bonheur.
C’est sur cette voie escarpée que Spinoza veut nous « conduire comme par la main à la connaissance de l’esprit humain et de sa suprême béatitude ».

www.dunod.com/lettres-et-arts/spinoza-verite-au-bo…

De Dieu. De la nature et l'origine de l'esprit. De l'origine et la nature des affects. De la servitude humaine, autrement dit, des forces des affects. De la puissance de l'intellect, autrement dit, de la liberté humaine

2 years ago (edited) | [YT] | 10

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SPINOZA ET LES PASSIONS DU SOCIAL
www.editionsamsterdam.fr/spinoza-les-passions-du-s…


Si la philosophie de Spinoza nous parle, c’est par son aptitude à s’emparer, sans aucun égard pour la distance dans le temps, des objets et des problèmes de notre monde, sa puissance de défaire nos manières ordinaires de les penser, et de nous les faire voir autrement. Les contributions réunies dans cet ouvrage ont pour but d’éprouver à nouveau cette puissance et d’en montrer l’actualité. Elles se proposent de le faire à partir du double point de vue qui considère, d’une part, que le social est le milieu de la vie des hommes et, d’autre part, que, de ce milieu, les passions sont l’élément. Les individus n’ont d’existence que sociale, et cette nature sociale consiste en une certaine organisation du jeu des affects. Les passions du social s’en trouvent alors repérables à tous les niveaux : celui de la constitution de l’individualité, de l’opération des institutions, ou des processus de l’histoire.

Ce recueil est donc par destination une contribution au dialogue de la philosophie (spinoziste) et des sciences sociales. Les secondes offrent les questions qu’elles ont construites à la première, qui leur rend sa manière singulière de les envisager voire de les reformuler. Et cette mise au travail de la pensée spinoziste poursuit par là même l’exploration de ce qu’elle peut.

Avec les contributions de : Judith Butler, Kim Sang Ong-Van-Cung , Frédéric Lordon, Eva Debray, Christophe Miqueu, Nicola Marcucci, Nicolas Israël, Pierre-François Moreau et Pascal Séverac

Collectif Rosa Bonheur
Le Collectif Rosa Bonheur s’est consacré depuis 2011 à l’analyse sociologique de l’organisation de la vie quotidienne dans les espaces désindustrialisés, à partir d’une grille de lecture matérialiste. Il est composé de Anne Bory, José-Angel Calderón, Yoan Miot, Blandine Mortain, Juliette Verdière et Cécile Vignal.

Eva Debray
Eva Debray est certifiée et docteure en philosophie, chercheuse rattachée au laboratoire Sophiapol (université Paris Nanterre) et enseigne à l’UFR de philosophie de l’université Paris 1 Panthéon–Sorbonne. Sa thèse s’est attachée à exploiter les ressources de la pensée spinoziste dans le cadre d’une réflexion sur l’hypothèse d’un ordre social spontané.

Frédéric Lordon
Frédéric Lordon est directeur de recherche au CNRS et chercheur au CESSP (université Paris 1 Sorbonne, EHESS). Il développe le programme de recherche d’une science sociale spinoziste. Il a publié, entre autres, Capitalisme, désir et servitude (La Fabrique, 2010), Imperium. Structures et affects des corps politiques (La Fabrique, 2015), La Condition anarchique (Seuil, 2018), et codirigé avec Yves Citton Spinoza et les sciences sociales. De la puissance de la multitude à l’économie des affects (Amsterdam, 2008).

Kim Sang Ong-Van-Cung
Kim Sang Ong-Van-Cung, professeure à l’université Bordeaux Montaigne, a proposé une généalogie médiévale du lexique de la subjectivité dans la philosophie classique. Elle a publié L’Objet de nos pensées. Descartes et l’intentionnalité (Vrin, 2012), une édition de Cordemoy (Vrin, 2016) et des études sur Descartes, Spinoza, Sartre, Foucault, Deleuze, Butler et Honneth (disponibles sur Academia). Elle s’intéresse aux critiques contemporaines du sujet moderne et travaille à une généalogie de la subjectivité historique au xxe siècle.

2 years ago (edited) | [YT] | 12

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Le roman "Leurs enfants après eux" nous plonge dans la vie de quatre adolescents dans une région industrielle de l'est de la France, au fil des années 1992, 1994, 1996 et 1998.

Tout commence en 1992, où nous faisons connaissance avec Anthony, un jeune de 14 ans, qui passe ses vacances d'été dans sa petite ville. L'ennui est palpable dans cette zone en proie à la désindustrialisation. Il traîne avec ses amis, se cherche, rêve de liberté et d'évasion. Dans ce contexte difficile, Anthony est en quête d'identité et cherche sa place dans le monde.

En 1994, nous rencontrons Hacine, un autre adolescent de la région. Lui et Anthony se lient d'amitié, malgré leurs origines sociales différentes. Ils partagent des moments d'insouciance et de rébellion, cherchant à échapper aux réalités tristes de leur quotidien.

En 1996, nous découvrons Stéphane, dit Steph, le cousin d'Anthony. Steph est plus introverti et timide. Il est confronté à son propre parcours adolescent, avec ses doutes et ses questionnements sur l'avenir.

En 1998, l'histoire se concentre sur une jeune fille nommée Cécile, surnommée Clem, qui se trouve liée aux destins des trois garçons. Elle représente un tournant pour chacun d'eux et joue un rôle crucial dans leurs évolutions respectives.

Tout au long du roman, les destins de ces quatre personnages se croisent et s'entrecroisent, offrant une vision globale des défis auxquels font face les jeunes de cette région. Nicolas Mathieu nous montre comment les circonstances sociales et économiques influencent leur développement, leurs choix, et les façonnent en adultes.

"Leurs enfants après eux" est un roman puissant, poignant et réaliste, qui dépeint avec justesse les espoirs et les désillusions de la jeunesse, ainsi que les conséquences de l'industrialisation en déclin sur une communauté. Il offre un regard profond sur les dynamiques familiales et les aspirations de ces jeunes, lesquelles sont parfois freinées par les contraintes d'un environnement difficile.

N'hésitez pas à lire le livre pour découvrir en détail l'évolution de ces personnages et les émotions qui les animent tout au long de leurs parcours.

Le roman a été très bien accueilli par la critique et le public. Il a reçu de nombreuses louanges pour son réalisme saisissant, sa description profonde des personnages et de leur environnement, ainsi que sa capacité à capturer les défis de la jeunesse confrontée à des circonstances difficiles.

Les critiques ont souvent souligné la force de l'écriture de Nicolas Mathieu, qui parvient à créer des personnages crédibles et attachants, tout en offrant une réflexion sociale sur les conséquences de la désindustrialisation et du chômage sur les individus et les communautés.

De plus, le roman a été salué pour son exploration des thèmes universels tels que l'adolescence, l'amitié, les relations familiales complexes, les rêves et les aspirations, ainsi que les choix de vie qui peuvent déterminer l'avenir des personnages.

Le fait que le livre ait remporté le Prix Goncourt, l'un des prix littéraires les plus prestigieux en France, a également contribué à accroître sa visibilité et sa reconnaissance.

"Leurs enfants après eux" a été largement acclamé pour son réalisme, son écriture puissante et sa capacité à offrir une réflexion profonde sur la jeunesse et les réalités sociales. Si vous êtes intéressé par des romans sociaux et des récits réalistes sur la vie des jeunes, vous pourriez apprécier cette œuvre de Nicolas Mathieu.

2 years ago (edited) | [YT] | 4